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Les 500 parrainages

Pour se présenter, il faut 500 signatures d'élus. Voici ce que les candidats de 2022 avaient réuni — et ce qu'il en reste après les municipales de mars 2026.

Le principe

Le parrainage — officiellement la « présentation » — est le seul filtre à l'entrée de l'élection présidentielle, et le plus mal compris. Depuis 2017 le Conseil constitutionnel publie l'intégralité des signatures : on peut donc suivre, élu par élu, qui a parrainé qui.

Cette page croise les 13 427 parrainages de 2022 avec les 14 296 de 2017, avec le répertoire des élus après les municipales de mars 2026, et avec les résultats communaux du premier tour. Trois lectures : ce qu'il reste, ce que ça dit du vote, et comment les parrainages circulent d'un candidat à l'autre.

La règle. 500 parrainages d'élus habilités, émanant d'au moins 30 départements différents, sans que plus de 50 ne proviennent d'un même département. Un élu ne parraine qu'une personne ; sa signature est publique et irrévocable. En 2022, 9 180 des parrains étaient maires, répartis sur 8 821 communes.

1. Ce qu'il reste des parrains de 2022

Une barre par candidat, croisant deux questions sur ses parrains de 2022 : que sont-ils devenus après les municipales de mars 2026 (la teinte), et avaient-ils déjà parrainé le même candidat en 2017 (le ton, plein ou clair). Le trait doré marque les 500 signatures ; le chiffre à droite indique combien il en manquerait pour les atteindre avec les seuls parrains encore en poste.

Candidats Trier par
Mandat du parrain

2. Le maire parraine-t-il comme sa commune vote ?

Pour chaque candidat de 2022, l'écart entre son score moyen dans les communes de ses parrains et sa référence. Le choix de la référence change tout : comparer au score national mélange l'effet du parrainage avec le fait que les parrains sont surtout des maires de petites communes rurales, qui votent différemment de la France. Comparer à la moyenne du candidat sur l'ensemble du territoire neutralise en grande partie ce biais de taille. L'échelle départementale ouvre le graphique à tous les mandats, mais les écarts y sont bien plus faibles — voir la méthode.

Échelle
Comparer au

3. Où sont passés les parrainages de 2017 ?

Le report des parrainages entre les deux scrutins : à gauche le candidat parrainé en 2017, à droite celui de 2022, l'épaisseur du ruban donnant le nombre de signatures.

Apparier par
Mandat du parrain

Le filtre par mandat ne s'applique qu'à l'appariement par personne : les trois autres mailles sont communales, donc réservées aux maires par construction.

La méthode

Les sources et leur assemblage

Les parrainages viennent du Conseil constitutionnel, qui publie depuis 2017 la liste intégrale des signatures validées (nom, prénom, mandat, commune, département, candidat parrainé). Les listes retenues ici sont les listes finales : 7 mars 2022 et 18 mars 2017. Elles ne comportent pas de code INSEE : chaque commune a donc été rattachée à son code par son nom, à l'intérieur de son département, sur la liste des communes existant à la date du scrutin, puis reportée sur la géographie d'aujourd'hui. L'appariement réussit pour 9 065 des 9 180 maires de 2022 et 10 166 des 10 286 de 2017 ; les échecs sont presque tous des collectivités d'outre-mer, qui ne sont pas des communes du code officiel géographique, plus une vingtaine de noms abrégés à la source (« Ferrières » pour Ferrières-en-Gâtinais).

« Encore élu » se lit dans le répertoire national des élus du ministère de l'Intérieur, dans sa version du 11 août 2026 : les 34 826 maires qui y figurent ont tous un mandat commençant en 2026, le fichier reflète donc bien les municipales de mars. Une personne est réputée encore élue si elle figure dans l'un des fichiers du répertoire — maires, conseillers départementaux et régionaux, parlementaires, conseillers communautaires, assemblées d'outre-mer.

Comment les personnes sont reconnues d'une liste à l'autre

Ni les parrainages ni le répertoire ne portent d'identifiant de personne ; les parrainages ne donnent pas non plus la date de naissance. L'appariement se fait donc sur le nom, le prénom et le département, après suppression des accents et de la ponctuation. Le risque d'homonymie est faible mais réel : 38 clés seulement sont dupliquées parmi les 34 826 maires (0,1 %), et 6 parmi les parrainages de chaque année. Aucun appariement sur le seul nom n'est utilisé, à la seule exception des 79 députés européens, qui n'ont pas de rattachement départemental.

Cette exigence de département n'est pas une précaution théorique. Sans elle, 265 parrains passaient pour encore élus à cause d'un pur homonyme — un député de Paris comptait comme maire d'une commune de l'Aude. Et la catégorie « toujours maire, mais d'une autre commune » s'est révélée être un artefact : ses 421 cas étaient presque tous des conseillers départementaux ou régionaux qui sont aussi maires — ils n'avaient aucune commune rattachée au départ. Ils figurent désormais, correctement, parmi les élus « autre mandat ».

Trois précautions de lecture

Le deuxième graphique : deux échelles, et pourquoi elles ne disent pas la même chose

Seuls les maires sont rattachés à une commune : c'est une limite des données, pas un choix — le Conseil constitutionnel ne donne aucun territoire aux conseillers départementaux, régionaux ou aux parlementaires, en dehors de leur département. L'échelle départementale ouvre donc le graphique à tous les parrains, mais elle est beaucoup moins parlante, et pour une raison instructive : la règle des 30 départements oblige chaque candidat à disperser ses parrains, si bien qu'ils couvrent 85 à 99 des 107 départements. Comparer « ses » départements au pays revient presque à comparer la France à elle-même, et les écarts s'effondrent de plusieurs points à quelques dixièmes. L'effet mesuré à l'échelle communale est donc bien local.

Les maires parrains sont massivement des maires de petites communes. Or les petites communes ne votent pas comme la France : comparer directement au score national attribue donc au parrainage un écart qui tient en partie à la seule géographie. La référence « moyenne sur les 34 875 communes » — la moyenne non pondérée des scores communaux du candidat — met les deux termes sur le même pied et absorbe l'essentiel de ce biais. L'écart entre les deux références est parfois spectaculaire : c'est le cas des candidats dont l'électorat est nettement urbain ou nettement rural. Même corrigé, l'écart restant ne prouve pas une influence du maire : il peut tout aussi bien traduire que les maires signent pour le candidat qui ressemble à leur commune.

Ce que nous n'avons pas pu faire

Savoir si un maire remplacé en 2026 a été remplacé par quelqu'un de la même orientation politique est hors de portée des données publiques. Le répertoire national des élus ne porte aucune étiquette politique. Les nuances politiques du ministère de l'Intérieur n'existent que pour les communes où elles sont attribuées : 9,4 % des communes en 2026 (15,9 % des communes de parrains), et surtout la liste des élus de 2020 n'en comporte aucune — il n'y a donc aucun moyen de comparer l'étiquette du prédécesseur à celle du successeur. Cette partie de l'analyse a été écartée plutôt qu'approximée.

Le troisième graphique et ses trois filtres

Pour rester lisible, le diagramme ne nomme que les candidats ayant atteint les 500 parrainages l'année considérée — onze en 2017, douze en 2022 — et replie tous les autres dans « Autres candidats ». Le tableau sous le graphique donne le détail complet, sans repli.

Sources & licences

Parrainages : data.gouv.fr, jeux de données du Conseil constitutionnel — parrainages des candidats aux élections présidentielles de 2017 et de 2022. Élus en fonction : répertoire national des élus du ministère de l'Intérieur (millésime du 11 août 2026). Nuances politiques : résultats des élections municipales de 2026 et de 2020, ministère de l'Intérieur. Résultats du premier tour de 2022 par commune : ministère de l'Intérieur, recomposés sur la géographie actuelle comme dans Les communes baromètres. Géographie communale : code officiel géographique de l'INSEE (millésime 2026). L'ensemble est diffusé sous Licence Ouverte / Etalab.